vendredi 5 mars 2010

Des nouvelles d'Haïti "Kay boné timoun"

Ceux qui me suivent savent que je soutiens depuis des années Jacqueline Bonheur et à travers elle, son association, Enfants Bonheur, qui intervient en Haïti. Nombre d'entre vous ont entendu et relayé mon appel suite au séisme de janvier. Aussi vous serez heureux d'apprendre que vos aides et dons ont été efficacement employés. L'objectif dans l'urgence était de construire un village d'enfants afin de recueillir et soigner le plus possible d'orphelins errant dans des conditions sanitaires déplorables (souvent gravement malades, malaria, diarrhées, etc), mais également de prendre en charge leur soutien psychologique, leur éducation et de pouvoir leur proposer des loisirs.
Il fallait aller vite, car la saison des pluies arrive, aggravant la situation générale. Grace à vos dons et à l'aide des riverains (la solidarité haïtienne est exemplaire), le terrain mis gracieusement à notre disposition par la communauté religieuse Sainte Marie (600 m2) a été nettoyé, aplani, drainé dans un temps record. Des latrines y ont été construites, des tentes solides de dix places ont été acheminées et installées dans les meilleures conditions (en dépit des nombreuses secousses encore perceptibles), et font office de chambres.
A ce jour, le village "Kay Boné Timoun" (la maison du bonheur pour les enfants) fonctionne parfaitement - merci à Vincent Rossigneux, Mamy Georges et toute l'équipe franco-haïtienne s'ils lisent ces lignes.
Une soixantaine d'enfants sont d'ores et déjà installés et ont retrouvé le goût de vivre. Mais l'opération se poursuit : nous espérons pouvoir accueillir sous peu, en plus de la centaine d'enfants qui seront à terme logés en permanence, une cinquantaine d'autres dans la journée, afin qu'ils bénéficient des soins et de l'éducation. (L'école reprend !)
Le recensement des enfants isolés se fait en liaison avec l'Unicef, et la gestion de soins/dispensaire, avec la collaboration de la Chaîne de l'Espoir. L'installation de l'eau potable se fait avec l'aide du Secours Islamique de France.
Bien sûr, l'association est également toujours très présente à la Gonâve. Là-bas, l'école que nous soutenons n'a pas été endommagée mais nous n'oublions pas que la faim y est une préoccupation majeure, et nous maintenons les engagements pris avant le séisme (nous avons promis de construire une cantine et de l'alimenter).
Tous ces enfants ont besoin d'être soutenus sur le long terme, aussi si vous en avez la possibilité, je renouvelle mon appel au soutien de cette association (dont Thierry Lhermitte et Philippe Lavil sont également, respectivement administrateur et président). Vos dons vous permettent de bénéficier d'une réduction d'impôt de 66% de leur montant dans la limite de 20% de votre revenu net imposable.
Le siège d'Enfants Bonheur étant maintenant installé auprès de la Chaîne de l'Espoir, l'adresse postale où envoyer vos dons est désormais : Enfants Bonheur c/o La Chaîne de l'Espoir, 96 rue Didot, 75014 Paris.
Vous trouverez plus d'informations sur , le site est encore en construction, soyez indulgents ! Mais bientôt vous pourrez y prendre connaissance du développement (en images) des projets, et faire vos dons en ligne. A bientôt pour d'autres nouvelles. Et encore merci de votre aide, qui est vitale.

jeudi 10 décembre 2009

Supprimer l'histoire-géo en terminale scientifique ? Une sale blague ?

L'histoire-géo obligatoire supprimée en terminale scientifique ? Je ne reprendrai pas ici les arguments évidents et déjà soulignés par un tas de gens, "autorisés" ou non. Il y a un point en revanche que je n'ai pas entendu et qui me semble capital.
Monsieur Chatel, auriez-vous oublié de quelle filière est issue l'immense majorité de nos dirigeants de grandes entreprises ? Ceux qui détiennent les clés de notre économie, ceux que l'on appelle les grands dirigeants, les grands patrons du CAC 40, ceux qui font la pluie et le beau temps (plutôt la pluie dernièrement) sur l'économie, l'équilibre du pays, et donc, d'une certaine manière, sur nos vies...
Ceux-là suivent quelle voie, donc ? Eh oui : la voie scientifique, la fameuse terminale S, qui mène ensuite aux grandes écoles d'ingénieurs, Polytechnique, les Mines, entre autres.
Et vous proposez que ces gens-là apprennent moins d'histoire-géo ? L'histoire et la géographie sont des matières essentielles pour la compréhension du monde. Vous n'auriez pas l'impression, Monsieur Chatel, que dernièrement, nos grands dirigeants ont justement manqué de recul, de distance, de compréhension du monde ? D'humanité ?
Le programme des terminales scientifiques actuellement, c'est le XXème siècle, les guerres mondiales, les relations internationales. Vous ne croyez pas qu'il y a là un enseignement capital pour le futur ?
Je passe mon temps à répéter à mes enfants qu'apprendre et comprendre le passé, c'est retenir des leçons pour améliorer le futur, et que la gégographie, ainsi que sa soeur jumelle la géopolitique sont essentielles pour mesurer les enjeux, les moteurs des conflits, l'équilibre du monde. Ces matières sont indispensables à qui veut se faire une opinion d'homme libre et participer à la construction d'un monde nouveau, d'une ère nouvelle. Quoi ? Je ne vous apprends rien ?
Il semble pourtant que ces notions, à vos yeux monsieur Chatel, ne soient pas prioritaires pour des élèves qui ne seront rien moins que nos futurs patrons et dirigeants. Juste, "optionnelles"...
C'est une blague, pincez-moi...
Une bonne partie de cette "élite", après le bac, ne fera plus que survoler l'histoire-géo. La terminale est donc le dernier "sas" à l'intérieur duquel ils peuvent se nourrir de ces matières. C'est d'ailleurs aussi en terminale qu'ils feront de la philo (la prochaine matière sur la liste noire ? ). Un hasard ? Non. On considère que c'est un âge clé pour atteindre un certain niveau de réflexion. La philo associée à l'histoire-géo, c'est un cocktail radical pour grandir.
Dès lors, tout le monde a non seulement le droit, mais le devoir de se cultiver dans ces matières dès lors qu'elles sont proposées.
Monsieur Chatel, ayez un peu de respect pour nous = laissez les terminales scientifiques apprendre et comprendre autre chose que des équations. Ainsi, les dirigeants de demain, s'ils ne sont pas meilleurs, ne seront pas pires que ceux d'aujourd'hui.

mercredi 15 octobre 2008

take the money and run

Le temps passe trop vite, et j'ai donné peu de nouvelles ces dernières semaines. Essayons donc de rattraper ce retard. Et surtout de remercier ceux qui m'ont accompagnée dans mes voyages de toutes natures. A commencer par les visiteurs de ce blog qui ne cessent de me réserver d'immenses surprises. La dernière vient de Joan Ribas i Camps, l'alpiniste qui a retrouvé notre cher Michel Parmentier sur l'Everest en 1988 et est entré en contact avec moi ici. Mais, ( si Joan est d'accord), je vous parlerai une autre fois de cette magnifique et improbable rencontre. Merci à lui et à tous ceux qui me laissent des messages, tous ne sont pas publiés (parfois trop..personnels!), mais tous me vont droit au coeur. Merci aussi aux libraires qui me reçoivent presque chaque week-end avec le même enthousiasme...malgré la situation économique qui les plonge en première ligne dans les difficultés. La crise s'étend et le système menace d'exploser. Risque que j'exposais en partie dans mon roman "Ferdinand et les Iconoclastes", paru en...2003. A l'époque, nombre de ceux à qui j'affirmais qu'on allait dans le mur levaient les yeux au ciel.. Je pense aujourd'hui à tous ces gens ruinés après avoir travaillé dur et économisé une vie entière pour acheter un toit et ouvrir un plan d'épargne retraite. Tiens à propos d'argent, voici au moins une anecdote qui vous fera sourire : à Londres, la semaine dernière, trois gamins ont essayé d'arracher son sac à une grand-mère sagement assise sur le banc d'un parc. Mauvaise idée : ces temps-ci, on tient plus que jamais à sa pension de retraite. Mais surtout, mauvaise pioche : la grand-mère en question était une ancienne championne de cross-country (dans les années 50!), en pleine forme et pourvue d'un sacré caractère. Elle a vu rouge et s'est lancée à leur poursuite. Avec succès. Saisi par le col, celui qui tenait son sac a du l'abandonner et se débattre comme un beau diable pour lui faire lâcher prise. La grand-mère a été sportive jusqu'au bout puisqu'elle a déclaré à la police qu'elle était plutôt contente de son coup : elle n'avait pas eu l'occasion de courir aussi vite depuis sa jeunesse.

mercredi 24 septembre 2008

Denis Parent, Thomas Cadene (coups de coeur 1)

Me voici de retour après une longue absence. Il me fallait voyager en dehors et en dedans, circonstances obligent. La traversée n'est pas terminée, mais j'ai fait escale. Et j'ai lu, il était urgent de se changer les idées ! Mission accomplie.

Et pour commencer, un roman : "Perdu avenue Montaigne Vierge Marie", de Denis Parent.

Alors que tout se disloque autour de lui, famille, boulot, amis, un présentateur télé hyper médiatique sur le retour (= sur la sellette) décide de cesser de dormir afin d'explorer sa part d'ombre... Et rencontre la Vierge. Marie de Nazareth sur un plateau, le scoop est tentant. D'autant qu'on est en plein festival de Cannes et que le gratin du show-biz mondial est présent. Un miracle en direct, ça arrangerait bien les affaires de Daniel Cousin, notre présentateur. Mais rien ne tourne comme prévu...
Denis Parent a écrit un petit bijou d'humour. On lit ce roman le sourire aux lèvres d'un bout à l'autre. Caustique et tendre à la fois, d'une belle écriture riche, drôle, pointue, brodée de traits d'esprits, l'auteur se moque avec finesse d'un milieu qu'il a longtemps fréquenté (télé et cinéma). C'est loufoque et profond à la fois, une fantaisie sérieuse, jamais prétentieux, avec juste ce qu'il faut de suspens et un talent évident. Quelques rares longueurs mais pas de quoi freiner la lecture. Bref, si vous voulez passer un excellent moment, rire, vous faire plaisir, vous surprendre, offrez-vous d'urgence ce roman ! Edité par Stéphane Million Editeur, une toute jeune maison dont je me félicitai voici quelques mois de la naissance, il est -comme tout premier roman- parfois difficile à trouver. Mais la quête vaut la peine : filez en librairie ou sur internet, vous ne le regretterez pas !

Autre style, autre approche, autre loufoquerie sous forme, cette fois, de bande dessinée. Thomas Cadène est un jeune auteur de BD avec qui il faudra compter à l'avenir, j'en suis persuadée. Il vient de publier son deuxième opus "Rosalinde" (Casterman), un pamphlet plein d'humour dans lequel ladite Rosalinde, vieille chose acariatre quasi centenaire mais à la forme olympique, repousse une invasion d'aliens en compagnie d'une bimbo pas si blonde qu'il n'y parait. Devenue une idole, elle est rapidement manipulée par un pouvoir fascisant. Jusqu'au moment où la rébellion s'annonce...Passées les toutes premières pages, un peu approximatives, on se délecte des aventures de nos deux improbables guerrières. Le dessin porte à merveille le regard mordant de Thomas Cadène sur notre société, ses travers, ses codes, son conformisme. Vraiment bien.
De nombreux critiques de BD l'ont déjà repéré, à nous lecteurs de faire passer le message...
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Vous avez déjà là de quoi vous laver la tête de tout ce noir que le monde nous envoie ces temps-ci. Et je reviens vers vous très vite avec d'autres coups de coeur !

dimanche 27 juillet 2008

inventaire

Je pars. Il faut faire l'inventaire. Dresser les listes. Tant de choses dans la tête. Des millions d'objets. Des millions de pensées. Des millions de souvenirs. A multiplier par autant d'univers parallèles. Ca s'entrechoque, ça fait du bruit, ça interroge. Et parmi tous ces mouvements intérieurs, toutes ces divagations, le quotidien incontournable. Je dresse les listes. Ne rien oublier. Gérer le passé, le présent, les futurs. Futur possible, futur probable, futur hypothétique. Rien n'est jamais sûr concernant le futur. Alors mon cerveau anticipe en permanence. Ce sont les peurs qui le commandent dès qu'il se laisse aller. Tout prévoir, tout imaginer, tout évaluer. On n'est à l'abri de rien. Débordement. Tout se mélange, le quotidien, les tâches à effectuer. Il faut réussir à trier pour survivre. Distinguer les priorités. Accepter de renoncer. Ne pas laisser la machine s'emballer. Alors, je fais des listes. Tirets devant chaque mot. Croix ensuite, lorsque le problème/la question/l'idée est résolu/posée/soupesée. Ne rien oublier. Si tu oublies, tu es faible. Si tu es faible, tu es mort. Mais si tu n'oublies rien, si tu apprends à faire avec. Voire même, si tu apprends la bienveillance. Alors là, oui. Là, ça ira. Et si ça trouve, parfaitement bien. On respirera. On sera bien. Tous. Alors, là, oui. Ce sera bien.

vendredi 18 juillet 2008

tous proches de la folie

C’est un jour ordinaire. Dans l’avion, en partance pour les Nuits de Ecrivains, je feuillette les quotidiens. La presse commente encore abondamment le quintuple meurtre de cet homme dépressif en instance de divorce. Dans les mêmes pages, je lis qu’un père de 40 ans a pendu ses deux fillettes de 2 et 7 ans. Pendues, oui, chez leur mère, dont il était séparé. Puis il s’est pendu à son tour. Chaque matin apporte son lot de nouveaux basculements. De folies pures. Quand plus rien ne fait sens, même pas la cruauté. Qui sont (étaient) ces assassins ? Des gens qui ont aimé, ri, vécu, fait des projets. Des gens qui nous ressemblent. Ou ressemblent à un cousin, un ami, un collègue, un voisin. Pourquoi, comment ont-ils plongé jusqu’à l’irréversible ?
Certains cerveaux parviennent à résister lorsque le désespoir se pointe, quand le fond de l’impasse surgit. D’autres non. Ca fragmente, ça fissure, ça s’emballe. Ca explose. Sans doute ceux-là ne sont-ils pas outillés de la même façon. Histoire d’enfances, d’itinéraires. Car au fond qui n’a pas connu de pulsion violente ? Je me souviens d’une émission de radio au cours de laquelle une jeune mère affolée interpellait un psychiatre : « je ne supporte plus les cris de mon nouveau-né, il hurle sans arrêt, je ne dors plus, parfois j’ai envie de le jeter par la fenêtre pour que ça cesse, je suis un monstre ». « Non, Madame, avait répondu le médecin, vous n’êtes pas un monstre. Votre réaction est normale. Ce qui serait anormal, ce serait de rester parfaitement calme dans ce contexte. Tous les êtres humains ont à un moment ou un autre des pulsions extrêmement négatives et violentes. Ce qui fait justement que nous ne sommes pas des monstres, c’est que nous trouvons la force de faire taire. Le monstre est celui qui passe à l’acte. »
Il suffit pourtant de si peu de choses. Même journée, même journal : cette fois, c’est un pharmacien qui a oublié son fils de deux ans dans une voiture garée au soleil. L’enfant est mort. Et l’on reparle de monstre. On s’indigne, on le désigne comme un individu unique en son genre. Enfin, peut-on oublier son enfant ? Eh bien oui. La mère d’une de mes plus proches amies l’oubliait régulièrement. A la sortie de l’école, au supermarché, n’importe où. Dans sa tête, une idée chassait l’autre. Interrogé sur ce phénomène par le Figaro, un spécialiste en neurobiologie explique qu’un pan de notre mémoire est consacré à la vie quotidienne, ce qu’on vient de faire et ce qu’on a à faire. Mais il suffit qu’un élément extérieur interfère pour que cette mémoire disparaisse. Pour peu qu’on se concentre sur une autre tâche, on devient imperméable au reste : aucune chance de revenir à l’objet (ici, l’enfant), oublié.
Un élément, un événement, un mot, une image. Le rideau tombe, le noir s'abat. On ne joue plus, on est mort. Ca n'a pris qu'une seconde.
Ah, et puis, toujours dans la colonne des faits divers, cette info : en quelques jours, deux policiers se sont suicidés. Dans le bois de Vincennes pour l’un, en pleine rue pour l’autre. Une balle dans la tête. 23 policiers se sont donnés la mort depuis ce mois de janvier. Oui, il suffit de si peu de choses pour que tout parte en vrille, s’anéantisse. Semaine de fracas.

vendredi 4 juillet 2008

magie, miracle, mystique


Etonnantes dernières journées... Cela a commencé avec le festival du livre de Nice, où sous un soleil de plomb j'ai pu refaire le monde, ou plutôt disons, y travailler en compagnie d'auteurs passionnants, Michel Folco* ou Gaston Kelman, entre autres. Ah, au fait, Michel me raconte cette anecdote à peine croyable : il y a quelques années, le MIT aurait analysé l'arme "ultime" de la Chine. Il suffirait en effet de demander à tous les Chinois de monter sur une table et de sauter dessus à un signal donné pour engendrer un mouvement sismique en Californie. Cette arme-là, impossible de la contrer avec un traité de non-prolifération... Avec Gaston, essayiste explosif, nous évoquons la question Noire, je lui parle de cet étonnant "Journal d'un Négrier au XVIIIème siècle", écrit dans les années 1740 par le capitaine anglais Snelgrave. On discute beaucoup liberté, monnaie d'échange humaine, politiques nauséabondes... Et voici que quelques jours plus tard, Ingrid Betancourt est libérée. Sa première réaction : parler de miracle... Hop, la polémique est lancée. Moi je songe surtout à ce qu'elle va devoir gérer désormais d'émotions et de difficultés dans son rapport au monde. Interrogé sur les réactions des otages après une libération, un psychiatre évoque entre autres le risque de dissociation. Je bondis, ou plutôt mon coeur bondit : je n'ai pas été otage d'un groupe armé, mais j'ai moi-même expérimenté bien malgré moi ce phénomène, cet état, lorsqu'on se met à vivre, agir mécaniquement, luttant pour se reconcentrer, recoller constamment les morceaux du quotidien, les habiter, (en vain) en fait, on vit à côté de soi, les événements se déroulent sans qu'on puisse y trouver la moindre prise à laquelle s'accrocher, c'est une sorte de dédoublement épouvantable qui vous laisse sur le carreau, exsangue, tandis que votre entourage est perdu, vous identifie sans vous reconnaître, tente de vous secouer, s'effraie -et c'est bien normal, car vous faîtes peur à voir . Courage, Ingrid. Et puis quoi ? Au moment même où j'écris ces lignes, où je pense angoisse, pulsions, combats, je fais une nouvelle découverte qui laissera songeurs tous les enfants des années 70 : des chercheurs américains (Griffiths, Journal of Psychopharmacology) viennent de publier une étude sur les psilocybes, plus communément apppelé champignons magiques... Sans surprise, les volontaires en ayant absorbé ont effectué en très grande majorité une expérience mystique ou spirituelle. Ce qui est nouveau, c'est que, plus d'un an après, ils déclarent se sentir de mieux en mieux dans leur vie : bien-être, amour de la vie, force intérieure, vision positive... Leur appréciation de leur bien-être et de leur état psychologique n'a fait que croître. Comme si le psilo générait un effet bénéfique à long terme. Les chercheurs suggèrent donc, comme cela a déjà été le cas avec la marijuana, d'utiliser le champignon magique dans le cas de maladies très lourdes qui engendrent anxiété ou dépressions sévères, mais aussi dans le cas de dépendances. Le psilocybe est illégal un peu partout dans le monde, mais utilisé de manière notoire sur tous les continents et ça depuis des siècles, notamment bien sûr par les chamans. Les chercheurs défendent que son utilisation encadrée ne présente pas de danger (sauf bien sûr pour les personnes à tendance psychotique ou à problèmes psychiatriques lourds). Les quelques cas ayant ressenti de la peur pendant l'expérience n'en ont pas gardé trace ensuite. Pour les autres, que du bonheur... Vont-ils être entendus ? A suivre... En attendant, je vous laisse, c'est l'heure de l'omelette!

* Michel Folco, dernier ouvrage paru "Même le mal se fait bien" (Stock).Gaston Kelman, dernier ouvrage paru "les hirondelles du printemps africain" (JC Lattès).