Les media ont fait assez peu de cas des derniers rebondissements dans l'aventure OLPC (one laptop per children http://laptop.org ), cette association sans but lucratif née en 2005 aux USA, dont l'ambition est de fabriquer puis de distribuer via les ministères de l'éducation des pays intéressés, des ordinateurs portables à très bas coût(entre 100 et 200 dollars). L'idée était de permettre l'accès à l'éducation et à la connaissance à tous les enfants. De nombreux pays, tels par exemple que le Rwanda, le Pérou, la Mongolie ou l' Afghanistan, ont aussitôt demandé à participer à ce programme (et le mouvement se poursuit). Les ordinateurs, conçus avec des logiciels libres, ont été équipés d'un système wi-fi pour communiquer en réseau. Bref une belle histoire, enthousiasmante. Mais le business s'en est mêlé. Au départ, plusieurs sociétés du secteur, parmi lesquelles Intel et AMD, ont souhaité participer : c'était bon pour l'image. Et puis, sans doute certaines ont -elles fléchi devant les opportunités commerciales : on parle quand même de commandes de dizaines, voire centaines de milliers d'ordinateurs pour chaque pays concerné. Ainsi, après Lancor, qui réclame 20 millions de dollars à l'association pour une question de brevet encore non résolue, Intel qui avait fait des pieds et des mains pour participer au programme, vient de se retirer : développant son propre ordinateur à bas prix, la société préfère jouer en franc-tireur. Et l'OLPC, bien qu'elle progresse tant sur la technologie de ses machines que sur ses partenariats partout dans le monde (et surtout dans les pays en voie de développement), doit faire face à de multiples critiques et attaques. Intel se fait un plaisir de souligner les imperfections du système et des machines. Certes, le fonctionnement de l'organisation est loin d'être au point, mais au moins, elle agit et a déjà changé radicalement la vie de centaines de milliers d'enfants. Je terminerai sur cet extrait d'une interview par Xeconomy.com de N.Negroponte, le fondateur d'OLPC, dans laquelle il explique entre autres combien il est difficile mais formidable de s'adapter à l'évolution de son projet caritatif dans cet univers complexe et agressif du business :
X: I think that’s one of the criticisms we’ve heard– that “Oh, these guys don’t really know the real business world.”
NN: We don’t!
X: And you never made any bones about that. It wasn’t the time for that.
NN: Exactly. Ignorance is bliss. Because when you do know those things, you really wouldn’t dare to do some of this stuff.
mercredi 27 février 2008
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