Au bout du compte, tandis qu’états et même continents (je n’oublie pas le rôle des européens et en particulier celui des Français) jouent une partie hautement stratégique avec des répercussions économiques et politiques considérables, les Farc poursuivent leur entreprise de mort, enlevant et tuant à tour de bras des centaines de civils colombiens tout en organisant un marché de prisonniers juteux : car ces terroristes narco-trafiquants, mus au moins autant par des intérêts financiers personnels colossaux que par leur idéologie, sont en voie d’institutionnalisation. Chavez vient d’en faire la démonstration en parlant de « grand révolutionnaire » au sujet de Reyes, et en demandant aux vénézuéliens de respecter une minute de silence après sa mort.
Au centre de la partie d’échec, les otages et en première ligne Ingrid Betancourt, dont désormais certains veulent la mort à tout prix, continuent leur parcours de souffrance en enfer. Je reste sous le choc devant l’ampleur et la complexité de ce chaos d’où personne ne peut dégager une seule vérité. Et brusquement, instinctivement, en songeant à toutes ces vies qui s’essoufflent sous les projecteurs des media, me revient en tête la terrifiante image de la petite Omayra engluée, agonisant en direct devant le monde impuissant. C’était en 1985, en Colombie.
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