Le sentiment d’isolement comme celui de solitude répondent à des logiques mouvantes et le cerveau est alors mis au défi. Je me souviens de l’histoire d’un homme de 45 ans qui cherchait toutes les solutions légales pour être admis (définitivement) dans un hôpital psychiatrique. Diagnostiqué schizophrène vingt ans plus tôt, il était soigné et ne souffrait plus d’aucune manifestation de sa maladie. Il vivait avec sa mère paisiblement, lorsqu’il s’est mis à imaginer ce que serait sa vie après le décès de cette dernière. La perspective de la solitude est soudain devenue insupportable. Il était aisé, disposait d’un bel appartement et d’un excellent niveau de confort. Mais cela ne représentait rien à ses yeux. Ce qui comptait, c’était la sensation d’exister dans le regard d’un autre. Attention, je ne parle pas d’être aimé : cet homme intelligent ne cherchait pas à remplacer l’amour d’une mère. Ce qu’il recherchait, au-delà d’une forme de sécurité, c’était la preuve de son existence, et cela passait par le fait de partager sa vie quotidienne avec un(e) autre qui pouvait aussi bien être un inconnu ou un soignant. Il était d’ailleurs prêt à se suicider dans le cas où il ne trouverait aucune structure pour l’accueillir. Bien sûr, il s’agissait d’un cas particulier, indissociable de l’état de schizophrénie. Mais cela m’avait fait réfléchir…
Je fais partie de ces gens qui aiment profondément la solitude au point d’avoir besoin de leur shoot régulier. Paradoxal, pour la mère de famille nombreuse que je suis devenue ? Non, banalement complémentaire, je crois. Mais je reste frappée de voir combien, d’une manière générale, la solitude est considérée comme une malédiction…Alors qu’il me semble que c’est dans ces moments, où l’on se trouve enfin face à soi, sans témoin, que l’on touche à la vérité brute. Il y a des peurs, bien sûr, mais aussi du bonheur et même de la jouissance dans les découvertes qu’on y fait. La vie, quoi.
dimanche 2 mars 2008
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
1 commentaire:
Voyager seule, c'est une expérience incomparable. Il n'y a pas de filtre autre que ses propres impressions entre soi et le monde. C'est quelque chose qui devrait se pratiquer lorsque l'on est très jeune, ou alors très vieux, quand on ne porte personne d'autre à l'intérieur de sa vie... Partir seule, les mains dans les poches et l'esprit grand ouvert.
Enregistrer un commentaire