lundi 14 avril 2008

choisir son camp

Je répète souvent à mes enfants qu'il faut savoir choisir son camp, affirmer ses positions, et même parfois prendre des risques lorsqu'il s'agit de les défendre. Je leur montre les études, les sondages et les pourcentages d'indécis, d'abstention, les conséquences que cela peut entraîner. Il y a cependant des questions lourdes qu'il est sacrément délicat de trancher, et l'actualité nous en fournit une aujourd'hui : Rachel, une mère de 39 ans, à Londres, qui était en attente d'une greffe de rein, n'a pu bénéficier des reins de sa propre fille Laura, 21 ans, décédée subitement d'une crise d'asthme. Cette dernière en a pourtant formulé le voeu durant ses derniers instants de vie. Mais voilà : en Grande-Bretagne (j'ignore les termes de la législation française), pour donner un organe à un membre de sa famille, il faut le faire de son vivant, ou en tout cas avoir entamé le processus pour le faire. Dès lors que ce n'était pas le cas, les reins de Laura ont été immédiatement attribués aux noms inscrits en tête de la liste des personnes en attente d'une transplantation. Le débat fait rage. Aurait-on du autoriser le transfert des organes de Laura à sa propre mère afin de respecter ses dernières volontés ? Non, répondent le plus haut responsable de l'instance décisionnaire : the Human Tissue Authority. Question d'éthique, il faut laisser la priorité aux malades les plus menacés de mourir à court terme, une liste est une liste, on ne peut commencer à écouter tous les mourants émettre des choix personnels. Ce n'est pourtant pas si simple : on manque d'organe, et régulièrement, des gens meurent faute de donneurs. Ainsi, Rachel pourrait très bien mourir en sachant que sa fille aurait pu lui sauver la vie à travers sa propre disparition. Dans ce cas, si on veut bien approfondir la réflexion, choisir son camp n'est pas si simple. D'ailleurs, la procédure va être réétudiée... mais comment, par qui ? Sur quels concepts s'appuyer ? Eh oui, pas si simple.....

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Choisir... cela me rappelle le célèbre sketch de Pierre Palmade, sur les décisions définitives... Et toi Valérie, tu préfères : avoir des bras de 9 mètres ou des dents en bois ? Une jambe en mousse ou qu'à chaque fois que tu parles, il y a un canard qui sort de ta bouche ?

Pas évident, hein, de faire un choix dans ces conditions ?

:)

(Ce commentaire délitant un peu le caractère sérieux du billet - j'espère qu'il ne te dérangera pas).

valérie tong cuong a dit…

@ Philippe : ah non ça ne me dérange pas, un sourire dans cette période un peu tendue, je le prends avec plaisir, merci !