vendredi 4 avril 2008

naissance et mort au XXIème siècle


L’accélération du monde semble exponentielle. Lorsque ce sont nos repères fondamentaux qui explosent (pour le pire ou pour le meilleur, selon l’angle qu’on choisira) on touche du doigt ce que notre génération porte de responsabilité. Naissance et mort, donc. Récemment, des photos d’un homme transsexuel et enceint(e) ont été publiées sur le site d’un magazine qui lutte pour les droits des Gays. Il s’agit de Thomas Beatie, né(e) Tracy Lagondino, mais devenu(e) un homme, après plusieurs opérations et traitements. Thomas, désormais marié à Nancy, avait conservé utérus et ovaires. La grossesse (à risque, compte tenu notamment de la prise antérieure de testostérone) aurait été rendue possible après une insémination artificielle. Nancy, qui redoutait la grossesse pour elle-même, assure qu’elle est très heureuse que son mari porte leur enfant. Précisons que, malgré le sérieux apparent du cas, je n’exclus pas qu’il s’agisse d’un « coup » orchestré pour soulever la question légalement. Nous verrons dans 4 mois (date annoncée de la naissance ) si Thomas accouche en bonne et due forme d’un bébé autour duquel tant d’interrogations vont surgir.

"Passons" désormais à la mort. Le cas de Chantal Sébire a fait couler beaucoup d’encre ces dernières semaines.. J’ai appris à cette occasion qu’une « machine à suicide » pourrait bientôt être mise en production puis proposée à la location ou l’emprunt en Allemagne (où jusque là suicide assisté et euthanasie sont illégaux). Une petite boite compacte, verte, munie d’une seringue… et d’un bouton poussoir. Posez une simple aiguille, appuyez, et votre vie s’achèvera en quelques secondes avec une injection de chlorure de potassium (utilisé aux USA pour les exécutions). Jusqu ‘ici les malades désireux d’en finir se rendaient massivement en Suisse, où le suicide assisté, légal depuis 1942 est pris en charge par une organisation, Dignitas. Cette dernière a pourtant été mise en difficulté quant à la méthode retenue : un sac en plastique sur la tête , on inhale du gaz. Non seulement cela peut provoquer une agonie longue et très difficile, mais cela renvoie à de sombres souvenirs impossibles à supporter pour nombres de personnes, en premier lieu les Allemands, qui constituent pourtant une "clientèle" importante de Dignitas. (N’oublions pas qu’en plus de l’atrocité des chambres à gaz, les Nazis ont pratiqué l’euthanasie sur les handicapés mentaux ou physique).
La « machine à mourir » apporte une nouveauté sur un plan légal : certes, les associations qui les posséderont seront responsables du dosage exact du chlorure de potassium, qui devra être déterminé par un médecin. Mais prêter ou louer cette machine n’est en principe pas plus illegal que prêter un couteau de cuisine ou une lame de rasoir à quelqu’un. Cela devient illégal seulement si l’aspirant au suicide demande à un tiers de pousser le bouton. En s’appuyant sur la vague médiatique soulevée par le cas de Chantal Sébire, le « PERFUSOR » et ses ardents défenseurs parmi lesquels R. Kusch, un ancien ministre de la justice allemand, relance donc avec le débat sur la possibilité de choisir entre vie et mort. Voilà, on y est, ou presque : l'homme tient entre ses mains l'ombre et la lumière.
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