L’été approche… Des wagonnets de petits Français vont bientôt grimper dans des cars, des trains et rejoindre des colos ou des « centres » dans lesquels ils feront des courses d’orientation, du sport ou même des exos de maths pour les plus malchanceux, à moins qu’ils partent en Angleterre faire semblant de suivre des cours dispensés par des étudiants blasés. Un business colossal dans tous les pays… riches. C’est aux Etats-Unis et en Inde que j’ai découvert combien l’imagination des organisateurs était… productive. Les USA, d’abord : en dehors des summercamps traditionnels, des camps confessionnels, des camps de « redressement » (je ne vois pas comment les appeler autrement), déjà bien connus, on trouve maintenant plusieurs centaines de camps réservés aux « special needs ». La liste est trop longue pour vous la donner, mais citons quelques exemples : camps réservés aux enfants ayant perdu un proche brutalement, aux enfants atteints de cancer, de spina-bifida, aux enfants obèses, aux enfants mal-voyants, à ceux atteints du syndrôme de la Tourette, aux enfants séropositifs… Et ce n’est qu’un aperçu. Je ne veux pas juger trop vite. Dans certains cas, je suppose que proposer une structure adaptée médicalement est le seul moyen pour les enfants de sortir de leur chambre. Mais des camps d’enfants séropositifs ou en deuil – entre autres ? Là, franchement, j’ai du mal.
Partons maintenant pour l’Inde: là-bas, ce sont d’autres axes qui se développent. L’idée ? Permettre aux enfants d’acquérir des compétences complémentaires aux études qui leur permettront ensuite d’évoluer avec aisance entre business et société. On leur proposera par exemple, en plus des activités habituelles, d’apprendre à s’exprimer en public, de maîtriser les règles du savoir-vivre, de travailler leur confiance en soi ou même de…développer leur conscience sociale. Le maître mot ? Apprendre à … REUSSIR. Réussir sa vie, sous toutes ses formes. C’est qu’en Inde, on est bien décidé à compter sur l’échiquier international, alors on prépare l’avenir. Parmi ces organisations indiennes, l’une se consacre tout spécialement aux enfants défavorisés et notamment aux enfants des rues et aux orphelins. Durant des courts séjours, des volontaires les forment à fabriquer (à partir de matériaux de récup ou à très faible coût) des objets qu’ils pourront vendre ensuite, et leur enseignent en quelque sorte les rudiments du marketing. Une autre rassemble pendant les camps d’été des (moins) jeunes issus de tous les milieux sociaux et les amène à réfléchir sur eux-même et sur la société. Au programme, trois jours durant lesquels d’ex-enfants des rues les emmènent refaire le parcours de l’enfer dans les rues de Delhi. Sans concession. On peut discuter de la violence de l’approche. Ceci dit, les témoignages que j’ai pu lire semblent indiquer qu’on sort plutôt grandi d’une telle expérience. Voilà. Juste vous faire part de ces découvertes.
vendredi 30 mai 2008
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