
Vous êtes -vous jamais interrogé sur la mémoire des murs ? A moins d’entrer dans une maison neuve ou un appartement acheté sur plan, à chaque emménagement, c’est dans l’histoire des autres que nous posons nos pieds. Je fais partie de ceux qui vivent avec les fantômes. Cent fois, mille fois j’ai contemplé mes murs en y cherchant un indice. Une trace. Une image. Un peu inquiète, forcément : la pierre semble sélective. Noces, fêtes, retrouvailles, gémissements amoureux, éclats de rire, petites querelles ou brèves désillusions, tout cela n’imprime rien. Non. Ce que retiennent les murs, ce sont les cris, les souffrances, les trahisons, les pertes lourdes , les chagrins inconsolables. Ceux-là restent vissés à l’endroit qui les a vus naître. Dans « la mémoire des murs » de Tatiana de Rosnay, Pascaline, une jeune informaticienne encore mal remise de son divorce et de la perte d’un enfant s’installe dans un appartement dont elle découvre bientôt qu’il fut la scène d’un crime. Pas un crime isolé : le premier sur la liste d’un serial-killer (on reconnaîtra aisément Guy Georges). Commence alors, à la manière d’un thriller, un lent glissement dans les pas du monstre et ceux de ses victimes…. L’obsession tournera au cauchemar et révèlera la part obscure de Pascaline…. La nôtre, aussi. Car ce voyage cruel et subtilement dérangeant dans le Paris du tueur nous met au pied du mur. Pascaline règle ses comptes ? On se surprend à guetter l’addition.
Les âmes sensibles s'abstiendront peut-être... mais pour les autres, eh bien….Vous reprendrez bien un petit frisson ?
La mémoire des murs. Tatiana de Rosnay. Editions Héloïse d’Ormesson
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