vendredi 23 mai 2008

subversive happy end

Pendant des années on m’a reproché d’écrire de sombres fins à mes romans. Mes héros, le plus souvent, échouaient à dépasser leur vulnérabilité, leurs fractures. A se reconstruire. Ils restaient scotchés sur leurs douleurs. Je les crucifiais, car j’étais incapable moi-même d’envisager une issue. Puis j’ai grandi. J’ai appris, sur le terrain, à la dure, que les épreuves se révélaient souvent les accélérateurs les plus puissants de nos vies. Pour arriver à cette conclusion, il fallait du temps. Il fallait… vieillir. Se mettre en orbite et observer.
C’est arrivé, et le jour où j’ai compris que le fracas de mon enfance était aussi ce qui m’avait permis de dessiner ma route, cette route désormais choisie, assumée, j’ai décidé de le raconter. A ma façon, bien sûr : à travers une fiction. Providence est né de cela. Dans ce roman, -où malgré tout, les routes sont jonchées d’un certain nombre de morts, de dérives et de tragédies-, quatre personnages vont apprendre à se saisir des cartes que la vie leur (re)distribue au moment le plus inattendu. Apprendre à comprendre. A s’interroger, en tête à tête avec eux-même. Puis à frapper du talon au fond de la piscine, et resurgir ailleurs, là où personne (à commencer par eux-même) ne les attend plus. Eh oui, Providence est un livre qui parle d’espoir. Faut être dingue, non ?
Dans Providence, les personnages ne terminent pas sur un lit de pétales de roses. Mais ils ont décidé de s’offrir ce grand luxe : un avenir. L’envie de poursuivre. Comme disait le philosophe Alain, "le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté".

4 commentaires:

Valerie a dit…

Providence est le premier que je lis de vous... bravo.
Depuis peu je m'intéresse à un autre style littéraire, et votre roman a été une parenthèse plus qu'agréable dans ma vie remplie de tissus... un plaisir.
Merci

Anonyme a dit…

Voilà c'est bien pour ça que j'ai aimé " Providence" : pour cette note d'espoir, parceque les personnages principaux, malgré toutes leurs souffrances, arrivent à voir un peu de ciel bleu.
Et s'il vous plait, Valérie, n'écoutez pas les pseudo intellos qui dénigrent cette graine d'espoir que vous avez semé dans votre roman.
Je viens d'écouter, avec retard, ce qu'en disent les chroniqueurs de Ruquier, et franchement je ne partage pas leur avis.
Et je suis sûre que je ne suis pas la seule .
Bonne continuation ( en Suisse on dit "tout de bon", mais il parait que ça ne se dit pas ailleurs ;-) )

valérie tong cuong a dit…

@poutchi : merci ! Si vous avez aimé Providence, vous aimerez sans doute aussi "Noir Dehors",mon précédent roman, construit dans le même esprit, et qui se déroule pendant la grande panne d'électricité de New York en 2003. Il existe en édition de poche, chez J'ai Lu.

@gene : merci ! Et oh, non, vous n'êtes pas la seule, heureusement. De très nombreux lecteurs, journalistes et libraires (ces derniers soutiennent énormément Providence, merci à eux aussi)vont chaque jour dans ce sens.
Quant à ces deux messieurs, l'autre jour...ah, j'aurais aimé pouvoir répondre à Jean Benguigui qui monte sur ses grands chevaux au prétexte que je parle d'un homme qui réchapppe à une tentative de suicide sous le métro : impossible, naïf donc, selon lui.. Eh bien, non cher Jean,apprenez qu'environ 50% des ces tentatives échouent. Je me suis intéressée à un survivant plutôt qu'à un mort... Ce n'est pas de la naïveté, désolée, juste une question d'angle de vue... et d'envie...
Nous partageons ça, vous et moi... A bientôt chère Gene, et un grand bonjour à la Suisse qui m'a si bien accueillie le mois dernier !

Guy Jacquemelle a dit…

Frapper du talon au fond de la piscine, et resurgir ailleurs, là où personne ne les attend plus ...
j'aime cette image

Providence est un formidable hymne à la vie , et une magnifique réponse aux grincheux et aux pessimistes professionnels:
where there is a will, there is a way ;-)
Merci